Objection Votre Honneur



Publié le mardi 4 mars 2008


Mardi 4 mars 2008

SOUVERAINETÉ - Il est temps de passer le flambeau.

 

Dans un long article au journal Le Devoir du samedi 1er mars 2008,  M. Gérald Larose propose de changer de mécanique, pour tenter une fois de plus, de faire basculer le Québec dans le vide d’une indépendance politique improvisée. Il souhaite extirper le projet souverainiste de la mécanique référendaire, pour l’assujettir à une mécanique de grignotage constitutionnel. Une espèce de tordeur politique dans lequel les vieux souverainistes enfileraient le coin du drap en espérant que le reste suive. Le coin du drap étant pour M. Larose, les propositions de constitution et de citoyenneté de Mme Pauline Marois.

 

Gérald Larose rêve en couleur et s’enflamme à l’idée que ces deux éléments du grignotage constitutionnel, deviennent les tracteurs de la souveraineté. Il termine son envolée en écrivant : «de bout en bout le peuple Québécois serait dans le coup [..] et la souveraineté s’imposerait comme une nécessité économique, fiscale et sociale.» Alléluia! Changement de mécanique mais toujours la même erreur de mettre la charrue devant les bœuf et toujours la stratégie de la cage à homard. Improviser et piéger la population.

 

Qui dans la population demande une constitution et une citoyenneté distincte de la citoyenneté Canadienne. Personne, parce que personne dans le contexte actuel n’a besoin de ces encadrements oiseux et inutiles, que se soit économiquement, fiscalement ou socialement. Au contraire, face aux défis colossaux des routes, de l’éducation, de la santé et de l’exode du secteur manufacturier, les débats et l’énergie canalisée vers ce grignotage constitutionnel, ne seraient que pure gaspillage d’effort collectif. On a suffisamment gaspillé depuis trente ans avec les référendums,  Victoria, Meach, Charlottetown et le rapatriement de la constitution. Plus on gaspille, plus on perd du temps et plus on s’affaiblit comme société. Le Québec doit refaire ses forces avant de rêver à nouveau d’indépendance politique.

 

Passer le flambeau et repréparer rigoureusement l’indépendance

 

Faire l’indépendance du Québec relève maintenant des prochaines générations. Les vieux ont eut leur chance et ils l’ont raté. Ils n’ont pas le droit d’embarquer les jeunes dans une aventure improvisée, dont personne ne connait les conséquences. Si les générations futures veulent toujours l’indépendance, ils devront tout reprendre à zéro. Oublions les référendums poker, une constitution de provinciaux ou une citoyenneté de Monopoly. La première tâche sérieuse vers une éventuelle souveraineté serait d’apprendre aux enfants à devenir des êtres autonomes, responsables et indépendants d’esprit. La deuxième serait de préparer une nouvelle génération de leaders nationalistes, qui eux, devront faire la preuve qu’ils sont capables de régler de façon écologique et durable, les grands problèmes du Québec soit les finances, la santé, l’éducation, les transports et la solidarité sociale. Ce sera à eux par la suite, de décider du système politique qui leur conviendra. Faire basculer dans l’indépendance, la population indolente et endettée du  Québec d’aujourd’hui, ne servirait que les ambitions et les intérêts des arrivistes déchus du nationalisme québécois, qui ne cherchent que le «trip» du pouvoir. Pour la génération actuelle, la médiocrité politique, sociale et économique sont encore moins pire et préférables à l'aventure extrême des vieux improvisateurs souverainistes. Les Péquistes ont été au pouvoir pendant 18 ans depuis 1976 et ils n’ont pas été foutus de régler un seul des grands problèmes de l’état. Il est temps de mettre fin à l’improvisation opportuniste et dangereuse. Il est temps de passer le flambeau!